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REGISTRES DU BUREAU [i564]
ordonne qu'elles soient mises en lieu qui sera advisé
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d'obvier au danger et peril de peste'1'
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procureur general du Roy, et sur le tout la matiere mise en deliberation :
"Lad. Chambre, pour obvier aux inconveniens qui pourroient advenir en ceste ville de Paris à cause dc la marchandise venant de Lyon et qui pourroient estre tirées des maisons pestiférées estans en icelle pour les amener en cested. Ville, en laquelle y en a ja grande quantité arrivée, les aultres estans sur les chemins et grandes quantitez prestes à charger et amener, lesquelles marchandises, y estans ainsi amenées, pourroient estre cause de la malladie de ceste peste et infecter les habitans de lad. Ville, a ordonné et ordonne que toutes marchandises venans de lad. ville de Lyon seront arrestées es lieux qui s'ensuivent, c'est assavoir, celles qui viennent par charroy à Chastres-soubz-Monthlery'2', au Plessis'3) qui est une lieue au dessus de Corbeil, et Braye-Conte-Robert, et celles qui viennent par eaue, soit parla riviere de Loing, celle d'Estampes'4' ou celle de Seyne es villes de Melun et de Corbeil; enjoinct aux Prevost des Marchans et Eschevins de cested. Ville d'envoyer incontinent et sans delay personnes préposées à arrester lesd, marchandises, et pour recevoir les deniers et tributz appartenans au Roy esd. lieux aux despens de lad. Ville, que lesd, marchandises seront et demoureront es lieux et villes dessus nommez jusques au jour sainct Martin prochainement venant, et quant à celles ja arrivées en ceste Ville,
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pour y estre gardées ouvertes, et esvantées jusques aud. jour de sainct Martin'5'. A faict et faict inhibitions et deffences à toutes personnes, marchans, voicturiers, chartiers et aultres, de quelque estat et condition qu'ilz soient, de amener et conduire, faire conduire et amener, soit par eaue, par terre ou aultrement, de lad. ville de Lyon en ceste Ville aucunes marchandises, et que les marchandises venans dud. lieu, et qui ja sont en chemyn seront et demoureront arrestées esd. villes, bourgades et villages dessus nommez, sans qu'elles en puissent estre tirées ny emmenées en ceste Ville par quelques personnes que ce soit jusques aud. jour de sainct Martin, et icellui escheu. Aussi a faict et faict inhibitions et deffences à toutes personnes de emmener, conduire et faire emmener en ceste Ville et faulxbourgs de lad. ville de Lyon aucunes marchandises destinées pour y estre admenées, pour quelque cause ou occasions que ce soit, ains les laisser es lieux et villages cy dessus declairez, et deffend à tous peagers [passaigers, leurs fermiers et commis estans es portes et péages] de ceste Ville de [y] laisser entrer et passer aucunes marchandises venans de lad. ville de Lyon, soit par eaue ou par terre, sans ce qu'il leur soit apparu d'acquict vallable desd. Prevost des Marchans et Eschevins de cested. Ville, et en certiffier lesd. Prevost des Marchans et gardes de la Marchandise, sur peine, quant ausd, voicturiers, de confiscation de leurs chevaux et d'amende
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C La peste sévissait à Lyon depuis le commencement de juillet ety exerçait de terribles ravages; on sait par le registre des actes consulaires que le voyer de la commune, Guillaume Chasotes, reçut l'ordre de faire couvrir de terre les sépultures des pestiférés, inhumés tant aux Cordeliers qu'à l'Hôtel-Dieu et à Saint-Laurent, et d'y jeter la quantité de chaux nécessaire pour détruire rapidement les cadavres.(Inventaire de8 archives communales de Lyon, série B B, p. 43.) La cour, qui résidait à Lyon depuis le i3 juin, se réfugia à Crémieu où elle arriva le 9 juillet; dans une lettre adressée, le i3 juillet, au duc de Nemours, Catherine de Médicis parlait de l'épidémie régnante, et lui recommandait tout spécialement de n'omettre "rien de tout ce qui se peult faire pour faire nettoyer la villen. (H. de la Ferrière, Lettres de Catheriîie deMédicis, t. II, p. 2o4.) D'intéressants détails sur la peste de Lyon sont donnés par le Ca-lendar State papers, i564,. p. 171. D'après des lettres missives de Charles IX, en date du 8 septembre, le sieur et la dame de Picquigny devaient, au cours d'un procès, faire procéder à une enquête dans les Dombes et le Beaujolais, mais, est-il dit, -la peste s'y est trouvée si grande que tout le pays en est deshabitén; en conséquence les plaideurs furent obligés de demander un délai. On ne voit pas quo la contagion ait gagné Paris; toutefois le Parlement, dès Ie 6 septembre, pour obvier aux maladies qui pourraient survenir pendant les vacations, àpour l'indisposition du temps et cours de peste», décida que les buvettes des clercs des greffes et huissiers dé la Cour resteraient ouvertes jusqu'à la Toussaint. (Archives nationales, Parlement de Paris, X1" 1610, fol. 407 r°> ^7-* r°> ^79 r°-)
(2) Chàtres-sous-Montlhéiy, ancienne dénomination d'Arpajon, Seine-et-Oise, arrondissement de Corbeil, chef-lieu de canton.
O Le Plessis-Pâté, Seine-et-Oise, arrondissement de Corbeil, canton de Longjumeau.
(*) La rivière d'Etampes formée par les rivières de la Juine, du Juineteau, de la Louette et de la Chalouette.
(-) Les dispositions arrêtées par le Parlement et par le maréchal de Montmorency au sujet des marchandises provenant de Lyon ne furent pas entièrement approuvées par l'autorité royale. Catherine do Médicis, dans une lettre adressée, le 25 septembre,au maréchal de Montmorency, lui fait observer que le Conseil du Roi, après examen des ordonnances en question, "trouve le terme de la sainct Martin bien long pour l'interest que plusieurs marchans peuvent avoir à ne trayner pas la vente de leurs marchandises si tard; aussy, ajoute ia Reine, s'il y avoit apparence de danger en aucunes d'icelles, celuy de huict jours quo vous leur baillez et si près de la ville auroit besoing d'estre ung peu plus long;- ; en présence de ces difficultés, le maréchal de Montmorency était invité à s'entendre avec le premier president du Parlement, "pour adviser à prendre meilleure resolution et y pourvoir pour le mieulx!.. (H. de la Ferrière, Lettres de Catherine de Médicis, t. II, p. 226.)
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